Journée de la gentillesse : pourquoi deux dates, le 3 et le 13 novembre ?

Journée de la gentillesse : pourquoi deux dates, le 3 et le 13 novembre ?

La Journée de la gentillesse se célèbre le 13 novembre à l’international et le 3 novembre en France, où cette date est retenue depuis 2015. Issue d’un mouvement japonais valorisant les petites attentions, elle invite chacun à traduire la bienveillance en actes : écouter, aider, remercier ou reprendre contact avec une personne isolée. Son ambition n’est pas d’être aimable une seule journée, mais de rendre ces gestes plus présents au quotidien.

Deux dates pour une même intention : prendre soin des autres

Les expressions Journée mondiale de la gentillesse, Journée internationale de la gentillesse et World Kindness Day désignent généralement le même rendez-vous du 13 novembre. La particularité française explique pourquoi les calendriers affichent parfois une autre date, sans qu’il s’agisse de deux célébrations aux objectifs différents.

Infographie sur la Journée de la gentillesse avec les dates du 13 novembre dans le monde et du 3 novembre en France
Infographie sur la Journée de la gentillesse avec les dates du 13 novembre dans le monde et du 3 novembre en France

Le 13 novembre, le repère international

Le 13 novembre constitue la date de référence pour les initiatives internationales. Associations, écoles, collectifs et particuliers peuvent s’en saisir pour organiser des actions solidaires ou attirer l’attention sur les relations humaines. Cette mobilisation repose sur des relais locaux : elle ne correspond pas à un programme identique imposé à tous les pays.

Le 3 novembre, la date retenue en France

En France, le principe de cette journée a été relayé par Psychologies dès 2009. Le déplacement au 3 novembre, retenu depuis 2015, est lié à la place désormais occupée par la commémoration des attentats du 13 novembre 2015. Il permet de distinguer ce rendez-vous de bienveillance du temps consacré au souvenir des victimes.

Pour préparer une activité française, le 3 novembre est donc le repère à privilégier. Pour rejoindre une mobilisation internationale, retenez le 13 novembre. Dans une école ou une association, une autre journée proche peut aussi convenir : l’essentiel est d’expliquer la démarche plutôt que de présenter la date comme une obligation.

Du Japon au mouvement mondial : une histoire en plusieurs étapes

L’origine de la journée ne se résume pas à une création unique. Il faut distinguer le mouvement japonais des petites attentions, les rencontres qui ont favorisé son internationalisation et la structuration des organisations. Cette succession explique les différentes dates parfois citées pour raconter sa naissance.

Les petites attentions comme point de départ

Le Small Kindness Movement of Japan, dont les racines remontent aux années 1960, porte une idée accessible : chacun peut améliorer son environnement immédiat par de modestes gestes de bonté. Il ne faut ni moyens importants ni statut particulier pour aider quelqu’un, reconnaître un service ou faire preuve de considération.

La portée de cette idée tient à son échelle. Une personne ne peut pas résoudre toutes les difficultés de son entourage, mais elle peut agir sur une situation précise. La journée conserve cet esprit : mettre la gentillesse à la portée de tous, plutôt que réserver la solidarité aux grandes opérations.

Le rôle du World Kindness Movement et de Singapour

L’UQAM cite 1997 comme un jalon de l’évolution internationale de l’événement. Le World Kindness Movement fédère cette ambition au-delà des frontières, tandis que Singapour occupe une place importante dans sa structuration internationale autour de 2000. Ces repères concernent des étapes différentes et ne doivent pas être confondus avec les origines japonaises.

La diffusion prend ensuite des formes variées. À Singapour, 45 000 fleurs jaunes ont été distribuées en 2009. En Australie, après une démarche engagée auprès du ministère de l’Éducation en 2010, la journée a été inscrite au calendrier scolaire fédéral en 2012, concernant plus de 9 000 écoles. Ces exemples montrent comment une attention individuelle peut devenir un projet collectif.

Être gentil ne signifie pas tout accepter

La gentillesse consiste à traiter autrui avec attention et respect. Elle rejoint la bienveillance, qui désigne une disposition favorable envers les autres, mais se manifeste particulièrement dans les comportements. L’empathie aide à comprendre ce qu’une personne ressent ; l’altruisme conduit à agir dans son intérêt, sans attendre nécessairement de contrepartie.

La politesse fournit des repères utiles, mais elle ne suffit pas toujours. On peut dire « merci » machinalement sans écouter son interlocuteur. À l’inverse, prendre le temps de reformuler une demande ou reconnaître une difficulté traduit une attention réelle. Le mot « gentil », issu du latin gentilis, a d’ailleurs connu une évolution de sens avant de désigner notamment une personne aimable et attentionnée.

La bienveillance n’exige ni disponibilité permanente ni renoncement à ses limites. Refuser calmement un service que l’on ne peut pas rendre reste compatible avec la gentillesse. De même, aider ne donne pas le droit de décider à la place de quelqu’un : mieux vaut demander « Est-ce que je peux vous aider ? » que présumer de ses besoins.

On peut envisager l’entraide comme un radeau : sa stabilité dépend de plusieurs points d’appui, pas d’une seule personne qui porterait tout. Pour soutenir durablement un proche, mieux vaut répartir les tâches entre personnes volontaires — une visite, des courses, un appel — que laisser le plus disponible s’épuiser. La gentillesse devient alors une organisation solidaire, et non une succession de sauvetages improvisés.

Des gestes adaptés à la maison, à l’école et au travail

Participer ne nécessite aucun achat. Une fleur ou une carte peuvent faire plaisir, mais une attention pertinente répond d’abord à la situation de son destinataire. Avant de choisir un geste, demandez-vous ce qui pourrait réellement lui faciliter la journée, sans l’embarrasser ni créer de dette implicite.

  • Avec ses proches : remercier pour une tâche discrète, proposer une aide précise ou écouter sans consulter son téléphone.
  • Avec ses voisins : proposer une course ou prendre des nouvelles, en respectant le souhait de chacun de recevoir de la visite ou non.
  • Au travail : reconnaître la contribution d’un collègue, transmettre une information utile ou aider à clarifier une consigne.
  • Dans les lieux publics : tenir une porte, laisser le passage ou expliquer patiemment un itinéraire.
  • À distance : envoyer un message personnel, appeler une personne isolée ou remercier quelqu’un pour une aide ancienne.

À l’école, les activités gagnent à éviter les concours du « plus gentil », qui risquent d’étiqueter les enfants. On peut plutôt travailler sur des situations concrètes : accueillir un nouvel élève, inviter quelqu’un à participer à un jeu ou demander de l’aide face à une moquerie. Un message de remerciement peut rester privé ; personne ne devrait être obligé d’exposer ses émotions devant la classe.

La dimension interculturelle offre aussi un point d’entrée simple. Dire « merci », thank you en anglais, danke en allemand ou grazie en italien rappelle que l’attention passe par les mots. Mais les habitudes varient : un sourire, un contact physique ou une familiarité ne sont pas reçus de la même manière par tous.

Organiser une action qui continue après novembre

Pour une famille, une entreprise ou une association, une action modeste et préparée vaut mieux qu’un programme ambitieux sans suite. Choisissez un besoin identifiable et vérifiez les conditions de participation : une activité doit rester accessible aux personnes ayant peu de temps, une mobilité réduite ou aucun budget à consacrer.

  1. Définir une action précise : organiser des appels de convivialité, préparer des cartes de remerciement ou soutenir une collecte associative.
  2. Demander l’accord des personnes concernées : ne pas imposer une visite, une photographie ou une mise en avant publique.
  3. Répartir les rôles : prévoir qui prépare, qui participe et qui assure le suivi.
  4. Faire un bilan simple : repérer ce qui a été utile et ce qui pourrait être renouvelé sans surcharge.

Le meilleur prolongement de la Journée de la gentillesse n’est pas forcément un nouvel événement. Ce peut être une habitude discrète : remercier précisément, demander avant d’aider ou garder un rendez-vous régulier avec un proche. Le calendrier donne l’impulsion ; la qualité de l’attention fait le reste.

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